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Discours du Gouverneur Jean Baden Dubois à la cérémonie de cloture du programme "Économie pour Journalistes"
Jeudi 7 décembre 2017



Madame, Messieurs les Membres du Conseil d’Administration,
Monsieur le Directeur Général du Ministère de l’ Économie et des Finances,
Mme le Représentant Résident de la Banque Mondiale,
Monsieur le PDG du Groupe Croissance,
Mesdames, Messieurs les Directeurs de médias,
Mesdames, Messieurs les Directeurs et Cadres de la Banque de la République d’Haïti,
Mesdames, Messieurs les formateurs et Conférenciers,
Mesdames et Messieurs, les journalistes / participants du programme de formation,
Chers invités
Mesdames /Messieurs


Je prends un réel plaisir à clore aujourd’hui la série des interventions, tantôt magistrales tantôt plus participatives, qui ont marqué la formation dispensée dans le cadre de notre programme « Economie pour Journalistes ». Il s’agit d’une formation que l’on peut valablement qualifier de cycle long puisque, étalée sur une période neuf mois et étoffée d’une démarche didactique qui répond à la fois aux préoccupations académiques, quant au bagage théorique, et aux préoccupation pratiques, quant aux subtilités qu’impliquent la mise en œuvre de programmes économiques et la mise en branle des politiques notamment définies dans le cadre de la coopération externe.

J’inscris à dessein la cérémonie d’aujourd’hui dans la perspective plus large des interventions qui ont marqué ces neuf mois de formation pour porter l’accent sur le fait établi que, pour le praticien comme pour l’académique, la compréhension satisfaisante des phénomènes socio-économiques résulte d’un apprentissage continuel qui trouve ancrage dans la maîtrise et le renouvellement des connaissances sur une réalité elle-même en mutation constante. Il ne saurait donc être autrement pour le journaliste qui assure le relais entre le décideur de politiques publiques qu’est le praticien, et le bénéficiaire de politiques publiques qu’est le public, la communauté. L’éditorialiste, le communicateur, le chroniqueur l’analyste ou en général le directeur d’opinion que vous êtes, est un personnage essentiel de ce corps noble de métier qui donne substance à ce qu’on a convenu d’appeler à juste titre le champ des politiques publiques.

Vous comprenez donc l’insistance que je mets à faire transpirer l’idée que cette cérémonie consacre une porte ouverte à une démarche d’apprentissage continu à une époque où la rapidité, la complexité, la densité et l’horizon virtuellement infini des informations disponibles forcent à la réflexion et l’action novatrices davantage aujourd’hui par rapport à hier et davantage encore lorsqu’il s’agit de mettre en perspective ce que nous voulons tous de notre société de demain.

Mesdames Messieurs,

Bienvenue à la cérémonie de clôture de la première édition de notre programme d’ « Economie pour Journalistes ». J’en appelle à votre indulgence de ne vous adresser mes salutations d’usage qu’à ce stade un peu tardif de mon discours, diriez-vous à juste titre.. J’ai voulu que mes propos d’introduction soient suffisamment liminaires pour interpeller chacun et de façon singulière -- passez-moi la redondance -- pour interpeler donc chacun sur le besoin d’améliorer notablement la diffusion, la compréhension et l’efficacité de nos politiques publiques.

Permettez-moi de remercier avec emphase les grands commis de l’Etat et les responsables de média qui ont répondu à notre invitation. Ils représentent le premier niveau de leadership dans la chaine de transmission des signaux émetteurs et responsifs de politiques publiques. Je m’empresse en second lieu de saluer les cadres des administrations et les journalistes des différents média. Ils sont la cheville ouvrière de cette transmission.

Au nom du Conseil d’Administration, j’adresse mes félicitations aux formateurs de ce programme pour avoir été à la hauteur des attentes et aux journalistes récipiendaires dont l’intérêt et l’ esprit incisif ont permis de relever la qualité des échanges et le niveau de formation. Nous voici rentrés dans une ère de coopération qui déborde le champ strict des activités orthodoxes d’une Banque Centrale en matière de gestion de la cité. Cité évidemment prise dans son sens étymologique.

« Economie pour Journalistes » est une grande première. Je suis fier d’avoir la chance d’être un acteur de cette initiative qui ouvre la voie à ce champ de coopération et je voudrais que cette fierté soit contagieuse.

Mesdames, Messieurs,

La cérémonie d’aujourd’hui perdrait de son objet si elle ne met pas l’accent sur les attentes de l’autorité monétaire de ce champ ouvert de coopération avec les média. C’est une obligation de poids car, comme promis dans mes propos liminaires, je veux inscrire la cérémonie d’aujourd’hui dans la perspective plus large des interventions qui ont marqué ces neuf mois de séances fructueuses de formation. Aussi, permettez-moi d’expliciter les objectifs poursuivis par la Banque de la République d’Haïti à travers cette initiative.

1- Premièrement, il s’agit de relever le niveau de dialogue entre l’ensemble des décideurs du système financier et le public par la mise en place d’un espace viable d’intermédiation dans la (dissémination) transmission de l’information économique et financière. Dans les prochains jours Mesdames et Messieurs et tout au cours de l’annee 2018, la BRH va s’evertuer a relever le niveau du dialogue dans le public en general a travers un programe tres mediatique d’Education Financiere, qui fait partie integrante de notre Strategie Nattionale d’Inclusion Financiere.

Aujourd’hui le couronnement de neuf mois de formation dans le cadre du programme « Économie pour Journalistes » porte la barre à un niveau plus élevé. Il dévoile la mise en place d’un pan nouveau et important des activités de la Banque Centrale dans sa quête renouvelée d’efficacité de la politique monétaire et de développement du système financier.

Nous sommes conscients du rôle fondamental que l’information bien traitée et bien digérée est appelée à jouer dans l’amplification de mesures bien pensées de politique publique. Elle contribue à raccourcir les délais de réaction et à conditionner les réflexes dans le sens espéré de ces réactions. Elle contribue également à pondérer ces réactions en fonction du degré des enjeux en présence, notamment, en ramenant les emballements souvent injustifiés du marché à des proportions plus raisonnables. Un public discipliné, éduqué et bien informé est donc un atout majeur pour le policy-maker averti et bien outillé. La Banque Centrale a travaillé à porter cette démarche au rang de stratégie. La création au debut de cette annee 2017 de la Direction de Communication répond à cet impératif.

2- Deuxièmement, il s’agit de réduire l’asymétrie de l’information pour favoriser une meilleure formation des anticipations et de créer les conditions qui permettent aux politiques publiques de bénéficier assez rapidement des fruits d’une démarche de communication érigée en fonction stratégique.

L’un des enseignements fondamentaux de l’endiguement des premières vagues d’assaut de la crise financière de 2008 aux Etats-Unis d’Amérique a été l’importance de la fonction de communication dans l’efficacité de la Persuasion Morale érigée en instrument dans le domaine de politique publique. En Haïti, la résolution de crises monétaires d’ampleurs variables qui ont couru sur les vingt dernières années confirme l’importance de la fonction de communication dans la boite à outils du banquier central. Ces épisodes de crises ont montré la capacité de la persuasion morale à contenir les anticipations négatives principalement mues par des mésinformations volontaires et des considérations de nature extra économique. Autant d’expériences qui ont alimenté ce fond d’analyse qui nous vaut aujourd’hui la systématisation de cette démarche de service à la communauté de la Banque Centrale.

En inscrivant cette approche dans la permanence institutionnelle, la Banque de la République entend introduire un facteur d’échelle dans la conduite des politiques qui répondent à ses missions.

A un moment où nous voulons de la politique monétaire une posture plus engageante par rapport à l’environnement de croissance, la Banque Centrale ne saurait faire l’économie d'une fonction aussi importante que celle de la communication. Et nous en attendons fermement les dividendes quant aux effets de synergie et d’amplification recherchés dans la mise en œuvre des mesures inscrites dans notre vision de la politique monétaire.

Vous êtes donc, chers récipiendaires, en première loge d’une démarche qui fait de vous des partenaires privilégiés d’une nouvelle donne dans la conduite de la politique monétaire en Haïti.

Vous aurez donc à sensibiliser objectivement et sans parti pris les acteurs économiques sur le rôle de l’information en général et de l’information économique en particulier dans le processus qui conduit à la prise de décision. Ce faisant, vous vous taillerez une place de choix dans la démarche continuelle qui vise à réduire l’asymétrie de l’information économique et financière pour une meilleure formation des anticipations et des motivations qui orientent les choix des consommateurs comme des investisseurs. Si seulement 20% des transferts sans contrepartie pouvaient etre investis dans la production en lieu et place de la consommation, notre environnement economique s’en trouverait grandement ameliore.. Ce serait des investissements directs de plus de 400 millions de dollars chaque annee…De loin superieur a toute l’aide recue pour l’annee fiscale 2016-2017 (387 millions de dollars incluant l’appui budgetaire)

Enfin, dans la lignée des FED Watchers qui travaillent à décoder les signaux lancés par la Federal Reserve aux Etats-Unis pour les mettre à la portée des acteurs économiques, j’entrevois avec bonheur, la création, à terme, d’un groupe de BRH Watchers et plus largement de Public Policy Watchers appelés à informer les acteurs économiques haïtiens sur les tenants et aboutissants des éléments explicites comme des non-dits des mesures de politique publique.

Mesdames, Messieurs,

Il est donc évident que nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin. Nous comptons continuer nos activités d’information et de formation non seulement dans la capitale, mais aussi dans les différents départements du pays. Nous envisageons déjà pour cette première promotion de 17 journalistes des séances de rappel, de renforcement et de renouvellement des connaissances acquises. La perspective d’un cours niveau II, de séminaires animes par des experts de niveau international ainsi que d’autres projets est aussi envisagée.

Je veux avant de terminer réitérer mes remerciements à tous les professeurs et conférenciers qui ont eu à intervenir dans le cadre de ce programme et spécialement à l’ IFBC qui a conçu, planifié et mis en ouvre ce programme avec professionnalisme et passion. Je veux remercier de maniere particuliere Monsieur Ronald Gabriel qui a ete au niveau du Conseil d’Administration la cheville ouvriere de cette formation et je vous demande de l’applaudir.

J’adresse encore une fois toutes les félicitations du Conseil d’Administration aux récipiendaires et aux directeurs de médias qui ont consenti le sacrifice de les avoir rendu disponibles pour notre programme.

Merci !