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Discours du Gouverneur-Adjoint à l'occasion de l'ouverture de la 29éme conférence annuelle des spécialistes des systèmes d'informations des banques centrales de la caraïbe | BRH


Discours du Gouverneur-Adjoint à l’occasion de l’ouverture de la 29éme conférence annuelle des spécialistes des systèmes d’informations des banques centrales de la caraïbe


Madame, Monsieur les Membres du Conseil d’Administration de la BRH ;
Mesdames, Messieurs les représentants des Banques Centrales de la Caraïbe
Mesdames, Messieurs les représentants des Banques Commerciales d’Haïti
Mesdames, Messieurs les représentants des Caisses Populaires
Mesdames, Messieurs en vos rangs, grades et qualités,

19 ans après la 1ère conférence en juin 2000, la Banque de la République d’Haiti est heureuse de vous accueillir à nouveau à l’occasion de la vingt-neuvième Conférence Annuelle des Spécialistes des Systèmes d’Information des Banques Centrales de la Caraïbe.

Au nom du Conseil d’Administration de la BRH, je vous souhaite la plus cordiale bienvenue en Haïti.

Je tiens à vous remercier d’avoir bien voulu accepter notre invitation et je salue l’effort de dépassement de vos dirigeants respectifs qui vous ont encouragé à nous rejoindre en dépit des contre-temps et des changements que nous avons été contraints d’opérer dans la programmation de cette conférence.

La présence en Haïti des délégations des banques centrales de la Caraïbe témoigne donc d’une préoccupation commune sur un thème jugé d’intérêt général à savoir « Le futur des Systèmes de Paiement dans le contexte de l’inclusion financière ».

Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de situer cette conférence et de faire un rappel sommaire des enjeux liés au développement des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’ensemble des pays de la Caraïbe.

Mesdames et Messieurs,

Cette conférence s’inscrit dans le cadre du quarantième anniversaire de la BRH. C’est l’occasion pour nous de dresser, en quelques mots, le bilan manifeste de l’institution au regard du thème de la conférence et de dégager les perspectives. C’est aussi l’occasion de mesurer le chemin parcouru par la BRH dans sa quête de progrès et de modernité.
Beaucoup de changements ont marqué la vie de l’institution depuis notre conférence qui avait coïncidé avec le bug de l’an 2000. Au cours des 20 dernières années, les TIC constituent le domaine où les mutations technologiques ont été les plus marquantes.

En effet, sous l’influence des TIC, de nouveaux modèles d’affaires ont été proposés tant au niveau de l’intermédiation bancaire qu’à celui de la mutualisation des risques.
Aujourd’hui, on utilise une approche qui permet de revisiter les processus d’affaires d’une entreprise pour les rendre plus efficaces et plus efficients : la réingénierie des processus d’affaires.

De même, dans les grands groupes autant que dans les start-up, le Lean management (gestion sans gaspillage) a été inventé pour améliorer la qualité et la rentabilité de la production.
Les systèmes d’information ont aussi favorisé le développement des outils de travail collaboratif en passant du workflow pour l’enchaînement automatisé des étapes de validation d’une tâche complexe au groupware pour le partage des documents à distance.

Nous avons également la possibilité d’utiliser aujourd’hui une messagerie collaborative pour la gestion des tâches et des projets de la BRH.
En dehors de ces aspects organisationnels, les systèmes d’information servent à assurer :
• la gestion des risques à travers le contrôle des grands ratios pour les banques et les assurances ;
• le pilotage financier à travers la rentabilité, les fonds propres et le coefficient d’exploitation.

Ces systèmes d’information incluent aussi l’analyse des données volumineuses (Big Data Analytics) ainsi que les programmes d’intelligence artificielle dénommés « systèmes experts ».
Ces développements illustrent l’évolution significative observée dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication.

Au niveau des banques centrales de la Caraïbe, la sécurité des systèmes de paiement et l’inclusion financière représentent les grands enjeux de l’heure.

Sur le plan de la sécurité des systèmes de paiement, le développement des monnaies virtuelles comme les bitcoins posent un problème de contrôle pour les banques centrales de la région, car les transactions s’effectuent en dehors du système bancaire formel et sans recours à la compensation bancaire. A cet égard, Il est important de s’assurer que la modernisation des moyens de paiement et l’émergence d’une monnaie virtuelle ne privent les banques centrales du privilège traditionnel de contrôle indispensable pour la régulation monétaire et la stabilité financière régionale.

En effet, il y a moins de 20 ans, on parlait simplement de réseaux de communication, d’Internet, de commerce électronique (e-commerce) et de Système de paiement dans la Caraïbe. Aujourd’hui on parle de modernisation du système de paiement, de banque mobile, de paiement mobile, de Big Data, de Blockchain, de Fintech, de l’intelligence artificielle et de monnaie digitale etc…
Les banques centrales doivent donc s’adapter à ces récents développements technologiques qui inexorablement vont concourir à une nouvelle dynamique économique et financière.

En ce qui concerne l’inclusion financière, les gouvernements de la région et les institutions financières déploient, de nos jours, des efforts considérables pour atteindre le plus grand nombre possible de citoyens, pour leur offrir des services financiers et un accompagnement en termes d’education financière même dans les coins les plus reculés. Toutefois il faut noter que les TIC ont facilité largement le déploiement des services financiers et l’éducation financière qui sont les fondements d’une politique d’inclusion financière.

Dans ce contexte, le thème retenu pour cette année, à savoir « Le futur des Systèmes de Paiement dans le contexte de l’inclusion financière », répond aux engagements des banques centrales à enrichir les réflexions en vue de faire à ces nouvelles réalités.

Du côté de la Banque de la République d’Haiti, un long chemin a été parcouru avec nos partenaires (les Banques Commerciales, les Coopératives d’Epargne et de Crédits et les institutions de Micro-Finance) pour mettre sur pied un système de paiement moderne caractérisé par la compensation électronique des chèques, un système de paiement interbancaire (SPIH), un processeur national de paiement (PRONAP), pour ne citer que ceux-là.

Sur le plan de l’Inclusion Financière, la Banque de la République d’Haïti, en 2014, a, de concert avec le Gouvernement, défini la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière pour répondre à la situation criante du nombre d’exclus aux services financiers dans le pays.

L’objectif est d’améliorer l’accessibilité, la disponibilité et la qualité des services financiers aux populations exclues ou insuffisamment servies. Par cette démarche, la BRH compte favoriser aussi l’émergence de nouveaux entrepreneurs en contribuant à réduire les contraintes structurelles, notamment la carence des infrastructures physiques et institutionnelles.

La BRH a aussi institué dans son organigramme une unité dénommée «Unité d’Inclusion Financière ». Cette structure a pour rôle d’une part, d’assurer la coordination, la mise en œuvre et le suivi des actions déterminées par la BRH visant à favoriser l’inclusion financière et d’autre part, à collaborer, sur le plan institutionnel, avec les acteurs impliqués dans la politique d’inclusion financière au niveau national.

Cette unité d’inclusion financière a mis à la disposition du grand public un outil informatique (la Cartographie des points de services financiers) permettant d’identifier les services financiers offerts dans les différentes régions du pays. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision en faveur des agents économiques dans le cadre de la stratégie d’inclusion financière. Au-delà de ce dispositif, la BRH a mis en place un ensemble de projets dont les plus notoires, l’Application BRH Mobile, le Centre de Contact, contribueront à réduire le pourcentage d’exclus des services financiers actuellement à 46% de la population active.

La BRH compte sur les externalités positives liées à l’accès à l’internet et à l’éducation financière, pour améliorer l’utilisation des services financiers. En outre, elle continuera de jouer son rôle auprès du gouvernement dans ses efforts de mise en œuvre de la Stratégie nationale d’inclusion financière.

Mesdames, Messieurs,

Je suis convaincu que les TIC vont continuer à jouer un rôle prépondérant dans l’atteinte de l’objectif d’inclusion financière durant les prochaines années. Le recours de plus en plus grandissant aux nouvelles technologies devrait jouer un rôle déterminant dans la bancarisation de la population haïtienne.
Dans la même veine, la banque et le paiement mobiles présentent tous les atouts pour permettre aux haïtiens d’accéder aux moyens modernes de paiement compte tenu du niveau de pénétration du téléphone mobile en Haïti qui a atteint 60% de la population âgée de 15 ans et plus.

J’espère que les discussions sur les différents sujets qui seront débattus au cours de la conférence vont permettre à chaque participant d’identifier les nouveautés à apporter dans les systèmes de paiement en vue de favoriser un meilleur accès des populations de la région aux services financiers.

Aussi, je déclare ouverte la 29e Conférence Annuelle des Spécialistes des Systèmes d’Information, et je vous souhaite du bon travail.



16 Mai 2026


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