Réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale – Intervention Gouverneur
G24 Ministerial Meeting |Statement from Haiti |Gouverneur Ronald GABRIEL
Merci, Monsieur le Président de séance.
Nous saluons le travail rigoureux du Secrétariat du G24 et souhaitons mettre en lumière quelques points essentiels dans le contexte actuel.
Nos économies font face à des crises multiples et simultanées qui ne sont plus des phénomènes exceptionnels — elles sont devenues une réalité structurelle. Les répercussions de ce nouveau conflit sur les prix des produits pétroliers et alimentaires mondiaux viennent s’ajouter à des fragilités déjà profondes. Pour les pays les plus vulnérables, ces chocs ne sont pas abstraits — ils se traduisent par une inflation alimentaire insoutenable, une contraction de l’espace budgétaire et une détérioration des conditions de vie des populations les plus exposées. À cela s’ajoutent la reconfiguration du commerce mondial, le durcissement des politiques migratoires et la réduction drastique de l’aide internationale, qui privent certains de nos pays de ressources vitales au moment où ils en ont le plus besoin.
Haïti en offre une illustration saisissante : confrontée à des fragilités internes aiguës, elle absorbe de plein fouet ces chocs exogènes cumulés, au risque de compromettre des acquis obtenus dans un contexte particulièrement difficile. La question qui s’impose à nous est simple : que faisons-nous concrètement pour ces pays ?
Deux chantiers institutionnels nous semblent fondamentaux.
Premièrement, la conclusion rapide de la 16ème Révision générale des quotes-parts. Des ressources adéquates et équitablement allouées sont une condition sine qua non pour que le Fonds puisse répondre efficacement aux besoins réels de l’ensemble de ses membres.
Deuxièmement, une gouvernance véritablement inclusive. Nous appelons à l’accélération des discussions sur la représentativité des États fragiles — pour amplifier leur voix dans les instances de décision et les associer pleinement à la conception d’instruments innovants, adaptés à leurs vulnérabilités spécifiques. Les pays en situation de conflit ne peuvent se permettre d’attendre.
Monsieur le Président, nous plaidons pour un multilatéralisme fondé sur des engagements opérationnels concrets et non uniquement sur des déclarations de principe. L’heure est à l’action.
Je vous remercie.
14 avril 2026
Washington, D.C.
